Des geckos contre les insectes nuisibles

Je vis dans ton mur. La nuit, tu me vois traverser le plafond près de l’ampoule, immobile puis soudain rapide, et quelque chose en toi se crispe. On t’a peut-être dit que je suis venimeuse, que je transmets des maladies, ou même qu’on me confond avec une tarentule à cause de mon nom. Rien de tout cela n’est vrai. Je suis la tarente de Maurétanie — et pendant que tu me redoutais, je chassais les moustiques et les mites de ta maison.

On m’appelle tarente, tarente du midi, tarente commune ou encore gecko des murs. Mon nom vient d’une confusion ancienne avec la tarentule, une araignée dont la morsure passait pour dangereuse, mais je n’ai aucun lien avec elle. Je ne suis ni salamandre ni amphibien : je suis un gecko, un reptile cousin des lézards. Fait rare chez les reptiles, je peux émettre un petit cri, une sorte de chuintement ou de claquement, pour marquer mon territoire ou attirer un partenaire — la plupart des lézards européens sont muets. La France abrite trois espèces de geckos, toutes protégées par la loi.

Reprenons les idées reçues, une par une :

Venimeuse ? Non. Je n’ai ni venin ni crochets pour l’injecter.

Confondue avec une tarentule ? Nos noms se ressemblent, rien de plus : je ne suis pas une araignée.

Je transmets des maladies ? C’est l’inverse : je chasse les insectes qui, eux, en transportent parfois.

Ma morsure donne des boutons ? Je mords rarement, seulement si on me serre trop fort, et ma bouche est trop faible pour marquer la peau.

La Ligue pour la Protection des Oiseaux et la Société Herpétologique de France le confirment : je suis inoffensive. En Provence, on me considère même parfois comme un porte-bonheur quand j’entre dans une maison.

Ce que je fais pour ta maison chaque nuit :

Je suis ton insecticide silencieux. Grâce aux lamelles adhésives sous mes doigts, je grimpe sur tes murs et je chasse ce qui te dérange : moustiques, mites, mouches, petits cafards. Je me poste près de tes lampes parce que la lumière attire les insectes, et je les capture un par un. Chaque tarente sur un mur, c’est un peu moins de moustiques dans la maison, sans un seul insecticide.

Et si tu m’attrapes par la queue, je te la laisse — elle continue de bouger pour te distraire pendant que je m’échappe. Elle repousse ensuite. Ce n’est pas un tour de magie, juste ma façon de survivre.

Ce que je te demande est simple :

Ne me tue pas, ne me chasse pas à coups de balai, laisse les fissures par où j’entre pour chasser. Laisse-moi juste vivre sur ton mur, à faire ce que je sais faire : débarrasser ta maison des moustiques et des mites, en silence, pendant que tu dors.

Je ne porte pas malheur. Je porte moins de moustiques. La prochaine fois que tu me verras traverser le plafond la nuit, range le balai — ta chasseuse silencieuse est arrivée au travail.

Source : Astuces et Conseils de Grand-mère

Catégories : Bon à savoir

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *